Photos des ateliers à Simsalabim
Voici quelques photos prises pendant les ateliers à Simsalabim.
Véronique Nguyen-Luthi et sa broderie sur canevas, septembre 2009
Michèle Marguerat a tissé des linges de cuisine en lin, été 2009
Katarina Mrazek admire ses deux tapis en lirettes (trasmatta), été 2009
De gauche à droite : Colette Rapin, Michèle Marguerat et Elisabeth Cardis à Simsalabim

Michèle Marguerat a terminé son tissage

Alexandra Favre avec sa broderie noire en turquoise, mai 2008
Monique André et Anne-Marie Bornand au travail, juin 2008

Monique André fait de la dentelle au fuseau, juin 2008

Interview avec Michèle Marguerat, première apprenante de Simsalabim

Un jour en février 2004, Michèle Marguerat est entrée à Simsalabim pour se renseigner. Elle flânait dans le quartier sous-gare et est tombée tout à fait par hasard sur Simsalabim - Centre des arts du fil, qu'elle connaît bien à présent. Curieuse de nature, Michèle avait envie de se lancer dans la broderie après avoir exercé la peinture sur porcelaine, et c'est vraiment de là que tout à commencé.
Michèle Marguerat, vous la connaissez certainement si vous fréquentez Simsalabim. Elle s'est donc investie dans un premier temps dans la broderie : au programme se sont succédées la broderie aux points de croix, la broderie d'or, la broderie de laine Crewel, la broderie noire, la peinture à l'aiguille (Silk Shading) et finalement la broderie Bayeux, le grand favori de Michèle. Mais cette vaillante apprenante ne s'est pas arrêtée à la broderie. En effet, elle s'est initiée au filage, a appris les bases de la dentelle au fuseau, s'est lancée dans le tissage et récemment dans le tissage aux cartons.
Pour vous permettre de mieux connaître ses motivations et sa passion pour les fils, voici une mini-interview avec Michèle Marguerat.
Question : Dans les arts du fil, qu'est-ce qui t'intéresse le plus?
Michèle : Tous les arts du fil demandent de la précision et de la minutie.
Pour obtenir un bon résultat (un joli tissu ou une belle dentelle), il n'est pas
possible de bâcler, il faut vraiment être consciencieuse. En travaillant avec les
fils, il est vraiment nécessaire d'avancer lentement : dès qu'on se dépêche un
peu trop ou qu'on stresse, on fait des erreurs et le résultat en souffre. Ceci
peut nous apprendre la patience - plutôt que de rapidement terminer un ouvrage,
il est possible de se réjouir et de profiter au maximum du processus de création
et d'exécution. Pour moi, la création est importante, j'ai envie de créer quelque
chose avec mes mains. J'aime aussi beaucoup la sensation des fils et des matières.
Pouvoir touhcer les matières différentes est fantastique, et plus on touche les
fils, plus on développe une sensibilité par rapport aux matières à travailler.

Question : Est-ce que quelqu'un dans ta famille, ta mère ou ta grand-mère,
brodait ou pratiquait un art du fil?
Michèle : Non, pas du tout. Ni ma mère ni ma grand-mère ne tricotait
beaucoup ni brodait. Ma grand-mère avait appris la peinture sur porcelaine étant
jeune, c'était traditionnel du côté de Nyon et Coppet. Mais je suis vraiment la
seule des femmes de la famille à pratiquer des arts du fil.
Question : Que t'apportent les ateliers de Simsalabim ?
Michèle : Les ateliers me donnent la possibilité de venir quand je veux,
parfois le matin, parfois l'après-midi. Je peux aussi déterminer la cadence qui
me convient le mieux - une fois par semaine, parfois même deux. C'est pratique,
parce que je suis plus chargée pendant certaines périodes et peux donc me sentir
libre de sauter une semaine, si nécessaire.
Venir apprendre en atelier, c'est aussi prendre un peu la responsabilité de gérer son temps d'apprentissage soi-même. Quand on réalise un projet, par exemple en dentelle, il faut oser prendre des initiatives et se lancer une fois que les consignes sont claires. Il faut aussi oser faire des erreurs. Petit à petit, on apprend à avoir de la patience avec son ouvrage, par exemple en tissage, où chaque étape prend du temps. Maintenant, j'aime bien toutes ces étapes, j'y prends vraiment beaucoup de plaisir.
Question : Quels sont tes projets immédiats avec les fils - un tissage, une
broderie... ?
Michèle : Je suis maintenant en train de tisser des linges pour les bébés
d'une amie. Ensuite, ça dépendra un peu du temps qu'il fait. S'il fait mauvais
temps, je commencerai peut-être un autre tissage. Mais j'aimerais bien réaliser
une broderie Bayeux d'après mon propre motif, pour apprendre comment décalquer
le dessin sur le tissu puis planifier les couleurs et les plages à remplir. En été,
je préfère broder, la lumière est meilleure qu'en hiver. Le projet de tissage,
je peux aussi le laisser pour l'automne.
Avec les arts du fil, je n'ai jamais le temps de m'embêter, j'ai toujours des projets plein la tête. J'aime apprendre de nouvelles choses, et surtout de pouvoir avancer à mon rythme et selon mes envies.
Un grand merci à Michèle Marguerat qui s'est prêtée au jeu des questions-réponses, et nous lui souhaitons toutes et tous beaucoup de plaisir dans ses futurs projets!
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