Le travail de la laine
Le cardage de la laine
La laine provenant directement du mouton contient des déchets différents (paille, herbes, excréments, particules diverses…) et n'est donc pas facile à travailler pour l'obtention d'un fil régulier qui conviendrait à un tissage soigné. Par conséquent, il faut travailler la laine avant de pouvoir la filer et la tisser.
Déjà au Moyen Âge, on cardait la laine. Les outils, appelés 'cardes', étaient fabriqués à base de cardons sur lesquels on 'peignait' la laine pour aligner toutes les fibres. Cela rendait le travail de filage beaucoup plus facile, premièrement parce que les déchets étaient éliminés et deuxièmement parce que les fibres étaient toutes alignées. Dès le 13e siècle, des cardes en bois avec des griffes métalliques sont développées, et ce sont ces outils-là que nous utilisons toujours aujourd'hui pour carder la laine à la main. Bien évidemment, il existe aujourd'hui des machines qui font un cardage rapide et efficace.
Le filage de la laine au fuseau
Pour produire un fil, il faut donner une torsion aux fibres qui s'entremêlent et forment ainsi un fil continu. Mais pour créer une rotation, il est nécessaire d'utiliser un poids qui va faire tourner les fibres. Ainsi est né le fuseau : le fuseau existe depuis l'âge des temps et les archéologues ont retrouvé une quantité impressionnante de modèles différents. Certains fuseaux avaient un plateau en pierre, d'autres en bois, d'autres encore en os. Certains fuseaux étaient utilisés en position verticale, d'autres étaient roulés contre la cuisse pour leur donner de l'élan. Tous ces fuseaux se basent sur le même principe : faire tourner les fibres pour leur donner une torsion qui à son tour forme le fil.
A l'époque, une bonne fileuse pouvait filer un kilo de laine par semaine, environ 150 mètres à l'heure. Aujourd'hui, le filage au fuseau reste rare puisqu'il est très lent. Cependant, l'apprentissage du filage au fuseau est important puisque cela amènera ensuite l'apprenant-e vers le filage au rouet, qui est beaucoup plus rapide et par conséquent plus difficile à apprendre si l'on ne connaît pas le principe de base du filage.
Le filage de la laine au rouet
Jusqu'au XIIIe siècle, on ne filait qu'au fuseau, ce qui ne permettait pas un travail très rapide ni des fils très longs. C'est pourquoi une 'machine' à filer, une sorte d'ancêtre du rouet, voit le jour vers 1350. Sur ce 'rouet', il était possible de filer un fil moins solide qu'avec le fuseau. Par conséquent, le fil filé au fuseau était utilisé pour la chaîne d'un tissage, et le fil venant du 'rouet' servait pour la trame. C'est seulement vers la fin du 15e siècle que le rouet tel que nous le connaissons est développé : à cause de sa rapidité, il a dans un premier temps été considéré comme l'outil du diable et ainsi interdit. Cependant, les milieux économiques font pression et le rouet devient rapidement populaire et se répand partout en Europe.
Au 19e siècle, on développe des machines à filer la laine et les autres fibres naturelles. Il n'est donc pas bizarre qu'aujourd'hui, le rouet soit considéré comme très lent. Il ne reste malheureusement que peu de personnes qui savent encore filer la laine et le lin au rouet. Il existe encore des personnes âgées et des mordus de la laine qui s'adonnent au filage au rouet, activité très relaxante ressemblant un peu au tai-chi et à la méditation.
Le feutrage à l'aiguille
Passablement d'enfants et d'adultes ont eu l'occasion de réaliser de petits objets en feutrage à l'eau chaude et au savon. Cependant, il existe une autre manière de feutrer la laine : le feutrage à l'aiguille. Avec une aiguille spéciale, il s'agit de 'piquer' la laine qui se feutre petit à petit et produit les formes les plus diverses. Avec le feutrage à l'aiguille, il est possible de créer des objets relativement petits avec des détails minutieux, ce qui n'est pas le cas du feutrage à l'eau chaude.
Le feutrage à l'aiguille peut être pratiqué autant par de jeunes enfants (dès 4-5 ans) que par des adultes. Le seul matériel nécessaire est la laine, l'aiguille, un support-mousse et des idées.
La teinture de la laine
Avant l'ère des produits chimiques, l'on avait recours aux produits naturels pour teindre la laine. Tous les végétaux étaient utilisés pour l'obtention des couleurs allant de jaune à brun. Des couleurs telles que le bleu et le rouge étaient difficiles à obtenir, et les matières à teindre venaient souvent de l'Asie et étaient très chères. Il était également possible de teindre la laine avec des mollusques que l'on pêchait.
Pour que la laine absorbe bien la couleur et que la couleur devienne résistante, il faut utiliser un mordant. L'alun est le mordant le plus neutre et largement utilisé. Le mordant a une influence sur la couleur finale de la laine.
Lorsque l'on teint de la laine avec des plantes, il faut respecter certaines étapes importantes :
- Préparer la laine en échevaux
- Mordancer la laine avec un mordant dans un bain à une température donnée
- Cuire les végétaux au moins une heure pour en extraire les pigments
- Teindre la laine dans le bain de pigments à une température donnée (selon la couleur désirée) pendant une heure
- Rincer la laine et ajouter du vinaigre dans le dernier bain de rinçage
Le lin n'absorbe en général que peu la couleur végétale.
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